FLASH marchés du 08 septembre 2026 |

Chers tous,

Nous vous proposons de repartir de notre précédente note, il y a 2 semaines, essentiellement orientée sur les taux. Vous la retrouverez d’ailleurs en fin de mail.

Entretemps, les taux européens ont continué de monter. L’OAT 10 ans était à 4,10%, elle est ce matin à 4,25%, après que nous ayons vu 4,30% il y a quelques jours. Le tout dans un contexte de rentrée qui n’a pas encore réellement eu lieu, c’est-à-dire sans le début de la pré-campagne présidentielle, mais surtout alors que la construction du budget est en cours et que les discussions et arbitrages politiques n’ont pas encore commencé…
Le différentiel à 10 ans avec l’Allemagne a aussi continué d’augmenter, à 87 points de base, même si Fitch a maintenu vendredi dernier le rating de la dette française, et même si l’Allemagne se retrouve au-delà de 3% de déficit / PIB au premier semestre 2026.

Le Tbond américain 10 ans, quant à lui, continue sa progression, à plus de 4,80%, soit une hausse de 65 centimes depuis le début de l’année.

Il est 3 éléments que nous souhaitions ajouter à cet environnement « taux » :

. Les risques / spreads de crédit sont historiquement bas. Placer sur des fonds datés obligataires à horizon 6 ans à un taux de 5,20% n’est pas très alléchant. Nous vous rappelons qu’en 2021 / 2022, sur ce même type de fonds, on arrivait à obtenir quasiment 8%, sans nécessairement plus de dette risquée, alors même que les taux d’Etat, en Europe, étaient autour de 0% à 10 ans.
C’est dire si ce risque de crédit est faiblement rémunéré, et il ne peut, à notre sens, que remonter dans le contexte économique, politique, et géopolitique que nous connaissons. D’autant que la BCE devrait remonter ses taux de 0,25% jeudi prochain, et donc renchérir le coût du crédit et impacter les comptes des entreprises.

. Il est un sujet que l’on suit assez peu, mais qui peut être susceptible de faire de gros dégâts à moyen terme, et avec des effets collatéraux colossaux : les taux japonais, et l’évolution du cours du JPY contre le USD.
Depuis « très très très longtemps », 15 / 20 ans, les taux d’intérêt japonais étaient proches de 0%. Court terme ou long terme. Et cela avait entraîné le mouvement de carry trade que nous avons connu depuis des années : les détenteurs de JPY, Bank of Japan (« BOJ ») comprise, vendaient leur yens pour acheter des USD, dans le but de replacer ces derniers à des taux d’intérêts nettement plus intéressants ; poussant par ailleurs à la hausse le USD contre JPY, qui est passé 80 à 160 en 15 ans.
Ce qui est une des explications du fait que la BoJ soit aujourd’hui détentrice d’une part non-négligeable de la dette américaine.
Mais dans un contexte de forte remontée des taux japonais (la 10 ans à près de 3%), la tendance inverse pourrait se dessiner : « on va sortir du carry trade pour revenir en JPY ». Et accessoirement, vendre de la dette d’état américaine dans le contexte de défiance de la présidence actuelle. Bref, on danse sur un volcan.
Idée que l’on retrouve dans l’article du Figaro que nous vous mettons en pièce jointe.

. Il reste enfin le sujet de la « dette privée », qui fait les gros titres aux Etats-Unis : gels de fonds, impossibilités de remboursement, on ne connaît pas la profondeur du marché. Les signaux actuels ne sont pas bons, entre dégradation de la qualité des prêts et l’augmentation des prêts douteux.

Vous pouvez retrouver l’historique de nos billets sur notre site, https://momentum.lu/actualites/, et sur notre page LinkedIn https://www.linkedin.com/company/18719514/admin/.

A votre disposition pour en rediscuter.

Bonne reprise et bien à vous,

Pierre

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