Nous en arrivons à l’heure où des comptes vont nous être imposés. Les chiffres macro-économiques sont mauvais, un peu comme si on se rendait compte a posteriori que ce qui est arrivé, et qui recommence, était et est réellement grave pour les économies.
L'explosion attendue des déficits se confirme : la dette US devrait passer de 103% du PIB actuellement à 137 en 2020, et 155 en 2022.
En France, la Sécu n’est finit pas de creuser son trou de la sécu en France. Cf notre article de la semaine dernière : Et le coût du chômage partiel atteint d'ores et déjà 22 milliards d'euros, de même que le nombre de PSE / Plans de Sauvegarde de l'Emploi augmente très rapidement.
En Europe, on parle à peine du Brexit, qui se passe mal, mais on va une fois de plus nous faire le coup, quelques secondes avant la fin du temps imparti, de trouver un accord magique et merveilleux pour tout le monde. Ca vaudrait doublement la peine d’acheter un peu de livre sterling contre USD, tant pour la sortie par le haut chez les grands-bretons que la sortie par le bas chez les américains, avec un raz-de-marée démocrate (cf ci-dessous)
 

Sur le front de l’élection américaine du 3 novembre, quelques commentaires :
-       Tout s’est peut-être joué ce week-end, avec l’épisode surréaliste du président covidé et qui a remis le Covid au centre du monde : communication approximative, contradictoire et calamiteuse, sortie pour saluer les fans (et commentaires acerbes sur le respect des autres et la contamination de son staff), retour hollywoodien à la Maison Blanche, mais toujours des doutes, et surtout un message très brouillé de « on peut en guérir » sachant 1. q u’accessoirement le virus a tué 210 000 personnes aux Etats-Unis, et 2. qu’il a eu droit à un traitement unique que peu de gens auraient les moyens de s’offrir. Suite à cette séquence, le spread entre les 2 candidats s’est envolé, on est hier soir sur 57/41 pour Biden.
-       Avec les votes par correspondance, pas dit qu'on ait les résultats dès le 4 novembre... Voir article des Echos sur le vote en Pennsylvanie.
 
Mais attention, RIEN N'EST JOUE, quand bien même on assiste à un élargissement du spread :
- il y a 4 ans, à pareille époque, Clinton menait : cf Le site FiveThirtyEight, "au 18 octobre 2016, les sondages américains indiquent que 45,5% des électeurs américains voteraient pour H. Clinton et 38,9% voteraient pour D. Trump"
- Au 26 septembre dernier, ce même site ne donnait 6,6 point d'écart, passé autour de 11 points pendant le WE, et donc autour de 16 aujourd'hui
- Attention au raz-de-marée démocrate et à cet écart allant s’accentuant : cela pourrait donner une place importante aux représentants de la gauche de la gauche (un peu comme les tea party en leur temps), et donc cela pourrait changer la donne sur les marchés qui pourrait voir rouge.
 
 
Cette semaine, les titres des journaux sont une litanie stressogène :
-       Le FMI s'alarme d'une nouvelle crise de la dette émergente
-       Malgré le niveau record d’endettement, le FMI exhorte les pays à investir
-       L'illusion de la relance, très bon édito de Jean-Marc Vittori dans les Echos : "les plans de relance vont mettre des années à produire leurs effets ; [...] Les consommateurs n'ont pas envie de consommer, et les entreprises pas envie d'investir"
-       Trump : le scénario qui inquiète Wall Street
-       Les annonces des secteurs ou des entreprises : « saignée dans l'aérien US - 50 000 emplois supprimés », « le transport aérien brûle 13 milliards par mois, le pire est à venir » ; « Entreprises : vers une première vague de défaillances en octobre » ; « Boeing prévoit une décennie difficile pour l’aviation commerciale »
-       Ca devait bien arriver : Accor a lancé un plan de restructuration de sa dette. Avec en filigrane l’idée d’une augmentation de capital / une recapitalisation
-       Les stations de ski se préparent à une saison très compliquée.
 
 
D’un point de vue « marchés », c’est toujours les petites montagnes russes où l’élection présidentielle américaine donne le « la ». Faibles variations sur les 7 jours glissants, mais en faits des variations quotidiennes importantes (voir notre habituel fichier joint). Neutre ou presque donc sur 7 jours, avec une Asie qui s’en sort bien, autour de +3%, c’est d’ailleurs le « bet » du moment dans notre gestion.
 
En Europe, les mariages / rapprochements / rachats bancaires frémissent, en Italie et en Allemagne notamment. Dans les Echos de ce matin, la BCE semble tout faire pour faire avancer le sujet (voir article joint, « LesEchos – BCE et fusions bancaire – 20201007 »).
Nous persistons à penser qu’une banque d’un des pays européens finira bien par jeter son dévolu sur la Société générale. Pas par une banque française, cela ne ferait pas de sens . Reste à résoudre l’épineux problème des badwills. Mais l’attitude de la BCE a bien été vue par les marchés, les bancaires étaient à la fête hier, à commencer par SG, +7%. Dans le contexte actuel, on pourrait peut-être laisser un ordre d’achat en 8 et 10 euros ?
 

Pas de changement au niveau de notre Comité d’Investissement, on surveille de près. Comme nous l’avions fait il y a 4 ans, nous ouvrons le sujet d’éventuellement prendre des positions optionnelles tactiques juste avant l’élection, plutôt sur l’EUR contre USD, sur des maturités courtes.

Références: