En ce moment, les jours se suivent et se ressemblent. On parlait la semaine dernière de petite hausse hebdomadaire, c’est le cas également pour cette semaine. Sauf que les mouvements ont été bien plus violents sur ces 7 derniers jours, grosso modo -6%, puis +6%.
 
Ces derniers mouvements accentuent 2 tendances, boursièrement parlant : 
-       Les Etats-Unis caracoleront toujours en tête. Hors Nasdaq, c’est encore un spread positif de 2% cette semaine, par rapport à l’Europe, et entre 10 et 15% depuis le début de l’année. On ne parle même pas du stratosphérique Nasdaq ;
-       En Europe, l’écart se creuse le Dax allemand, qui ne perd plus que 16% depuis le début de l’année, et l’Eurostoxx ou le CAC40, respectivement à -22% et -25%.
 
Il faut dire que l’Allemagne comble un peu son retard boursier accumulé ces dernières années (les entreprises allemandes ont beaucoup « cotisé » aux Etats-Unis, en plus du Dieselgate).
Mais aussi, que la France est particulièrement touchée, en Europe, par le ralentissement économique, et qu'elle mettra aussi bien plus de temps à s'en relever. Et c'est vrai que notre industrie a touché le tiercé dans l'ordre avec les 3 secteurs les plus touchés à travers le monde, et pour lesquels nous sommes de gros intervenants : Aéronautique / Automobile / Tourisme. Probablement pour cela que Fitch a abaissé en fin de semaine dernière la perspective de la France, de « stable » à « négative ».
 
Et comme on l’a déjà abordé, les conséquences ne sont pas encore passées dans la sphère économique. Aujourd'hui, c'est l'Etat qui paie tout ; pas encore les entreprises, mais cela commence à sortir. Et là, c'est un peu comme tirer le fil de la pelote : tout vient, et on se rend compte des effets de bord et des effets dominos. Exemple pour l'automobile : baisse de 90% des ventes pour avril 2020. Et donc hausse des stocks (Les Echos parlent de 10 milliards d'euros de stocks en concessions, et qui atteignent jusqu'à 4 mois de production). Le temps de résorber tout ça... Et ce ne sont pas les loueurs qui vont y remédier, eux qui ont perdu plus de 90% de leur volume d'affaires... et qui peuvent représenter 10% des achats de véhicules ! Et puisqu'ils ne louent plus, alors ils vendent les véhicules, faisant crouler le marché de l'occasion. La boucle est bouclée, la remontée sera très lente. Et ce matin, on parle de fermeture définitive de 3 usines, en France, pour Renault. Vous dites « relocalisation » ?!
 
L’Etat paie tout, donc, et encore un exemple ce matin : La fameuse Cades, Caisse d’Amortissement de la Dette Sociale. Souvenez-vous, cet organisme de defaisance avait été créé par Alain Juppé en 1996 pour éponger notre stock de dette sociale. Et après extinction de cette dette en 2009, la Cades devait naturellement s'éteindre, et l'impôt naturellement disparaître (vous savez, la fameuse CSG/CRDS). "Croix de bois croix de fer, si je mens je vais en enfer".
Après une prolongation dite « exceptionnelle » de 2009 à 2025 ("promis c’est la dernière fois, croix de bois...." !), on apprend dans les Echos d’aujourd’hui que l'occasion est trop belle, dans la situation que nous vivons, pour prolonger de nouveau un organisme et un impôt, et s'en accaparer, par effet d'aubaine, les ressources. Notre Ministre de la Santé souhaite s'en servir pour transférer une partie des nouvelles dettes issues de monsieur Covid. Encore une renonciation, mais « c'est pour la bonne cause ». 130 milliards y transférés au 31/12/2019, et 90 milliards chaque année 2020 / 2021 / 2022. 400 milliards d’euros, une paille !
 
 
Cette semaine aura aussi marqué un retour des dissensions et autres écartèlements entre les pays européens. L'annonce de l'Europe de la Santé et des 500 milliards de relance par la France et l'Allemagne aura mis en exergue la fracture entre le Nord qui ne veut pas payer pour tout le monde, et le Sud qui réclame la solidarité.
 
 
Sur les marchés, l’or poursuit son irrésistible ascension. Rien de particulier sur les devises, toujours en range pour EURUSD et EURCHF.
 
 
Concernant la gestion, nous restons toujours prudents, mais avançons dans la « reconstitution idéale des portefeuilles ». Trop tôt pour les actions et les obligations, mais nous estimons que pour les fonds de portefeuilles, sur certaines stratégies, les gérants recommencent à avoir de la visibilité, particulièrement dans l’absolute return / gestion tactique à rendement absolu, et qu’on peut commencer à regarder le sujet.
Et si nous devions prendre une position « actions », nous la prendrions de manière relative : être « long » du tracker Nasdaq, contre une position « vendeuse » de l’Eurostoxx50 ou du CAC40 : sur quelque période que ce soit, de 1 à 10 ans, « on gagne à tous les coups » : 32% de différentiel depuis le début de l’année, 45% sur un an, presque 100% sur 5 ans, 395% sur 10 ans !

Références

Indice performance points marchés
Fig Eco - Fitch France
L’industrie française