7 jours se sont passés depuis notre précédente note, et les dégâts sont impressionnants. Grosso modo, 13% de baisses complémentaires sur toutes les bourses, portant les baisses, par rapport aux plus hauts du 20 février, à 35% environ en Europe (sauf le SMI suisse à -20%), 25% aux Etats-Unis, et près de 30% en Chine (sauf Shanghai Composite à -11%).
 
Sur le front des devises, plusieurs facteurs à noter :
-       Une hausse de 3 à 4% du USD contre la plupart des autres devises fortes
-       Un écroulement de la livre sterling, qui perd 7% contre USD
 
Pour les valeurs-refuge, la situation étonne :
-       Pas sur les taux gouvernementaux US, qui ont été poussés à la baisse par les baisses de taux successives (50 puis 100 points de base complémentaire)
-       Mais principalement par les 2 autres : une stabilité étonnante du CHF contre EUR, mais aussi et surtout un écroulement de l’or, ce qui nous servira de leçon : en période d’aversion au risque, c’est une valeur-refuge par excellence, mais en période de crise aiguë comme celle que nous vivons, l’or redevient une matière première comme les autres, … en pire : vous rajoutez une prime de risque, parce que c’est un actif liquide qui est facilement vendu pour faire face aux appels de marge sur d’autres actifs.
 
 
D’un point de vue économique, la situation se détériore à très grande vitesse : PSA et Renault annoncent arrêter leurs usines, on nous parle d’un effondrement des ventes de voitures sur mars, le gouvernement annonce (une aubaine ?) une révision de son déficit 2020 de -2,2% à -3,9%, etc… Sans compter une entrée de l’Etat au capital d’AirFrance, en discussion, les commerces qui baissent rideau les uns après les autres. Les conséquences de tout cela sont colossales, voire inenvisageables pour le moment. Financièrement, les Etats seront là, mais pas à coup de milliards ou de dizaines de milliards, plutôt à coup de centaines de milliards ou de milliard de milliards.
Parallèlement, Christine Lagarde vient d’évoquer une récession de 5% en Europe…
Article
 
En attendant, il n’y aura pas, a priori, de fermeture des marchés financiers. Cela semble avoir été exclu hier par le secrétaire d’Etat américain au Trésor, « tant que les marchés fonctionnent et sont efficients ». Même son de cloche en France. Voir
Article
 
 
En terme de gestion, nous vous laissons lire ci-dessous le mail envoyé hier et avant-hier, et apportons les commentaires complémentaires suivants :
-       D’un point de vue anticipation, après la mise en liquidité des portefeuilles, « nous ne touchons à rien ». Nous ne savons pas où nous allons, nous vivons à horizon 2 heures, il nous semble très prématuré de reprendre des positions.
-       D’un point de vue analyse graphique, avec un Eurostoxx50 à 2330 en ce moment, le premier gros support est à 2150, soit 7 à 8% en-dessous. Tactiquement, sur ces niveaux, on pourrait réinvestir un peu pour jouer une correction technique, mais sans oublier une nouvelle phase de baisse qui devrait se profiler : comme nous vous en parlions la semaine dernière, on n’a même pas idée des résultats des entreprises qui vont sortir, des statistiques économiques, etc…
 
 
Quelques articles relevés, mais qui ne vous apprendront probablement pas plus que ce que vous avez pu lire ces derniers jours :
-       « Brûle ce que tu as adoré, adore ce que tu as brûlé » : d’aucuns d’entre vous auront probablement suivi un des placements fétiches des dernières années, dont nous avons déjà parlé : la gamme des fonds H2o. Le fonds-phare, Multibonds, n’en finit pas de baisser, à coup de 2 fois les évolutions des indices. Voir
l’article des Echos, en date du 12 mars
-      
 Fermeture des bourses
-       Malgré
les interventions, rien n’arrête la chute des marchés
 
 
Alors on se résigne en travaillant de la maison, en organisant cette nouvelle vie qui durera 15 jours, et probablement bien plus. Le pire, dans tout ça, est qu’on ne peut même plus s’occuper en regardant du sport à la télévision, tout étant supprimé ou décalé !...
En attendant, restez bien chez vous, et comme le disait Monsieur le Président de la République il y a 48 heures, profitez-en pour faire des choses que vous ne faites jamais. 
 

Indices Performances points marchés


« Chers tous,
 
 
Les temps sont durs, et nous vivons une période historique que nous n’avions jamais vue, ni même envisagée.
Nous avions commencé il y a trois semaines à prendre des mesures de protection des portefeuilles, juste avant la baisse des marchés : couverture des actions, vente de fonds d’action, réduction de la voilure, etc…
D’une manière générale, et hors contraintes imposées de gestion, jusqu’à mardi dernier, 10 mars, les portefeuilles avaient particulièrement bien résisté ; le sell-off massif de la semaine dernière a cependant entraîné des effets que nous appellerons « effets de bord », sans qu’ils soient dramatiques :
- l’or, traditionnel valeur refuge, se comporte maintenant comme une matière première comme le pétrole… Il s’agit en plus d’une valeur qui n’a pas trop corrigé ces derniers temps, et dont les gens se servent aujourd’hui pour la vendre et couvrir des pertes ailleurs. 10% d’une perte de 10% investis sur ce support ont fait baisser les portefeuilles de 1% dans ce contexte
- Nous assistons aussi à une dépréciation massive des obligations en High Yield, même dans des fonds fermé à échéance relativement courte, 2024 ou 2025. C’est fonds ont perdu quelque 10 à 12% en trois jours. Nous en avons soldé une bonne partie, pour les raisons que nous développons ci-dessous. Même ordre d’idée en ce qui concerne l’impact de performance
Une fois encore, et malgré les ventes massives et la chute importante des indices la semaine dernière, les performances des portefeuilles ne sont pas catastrophiques.

Nous avons l’impression de vivre et revivre le film « un jour sans fin », où, quoi qu’il arrive, toute nouvelle journée commence par -10 %… La leçon de tout cela, c’est que, à l’heure où nous vous écrivons ces lignes, nous ne sommes absolument plus sûrs de rien, parce que même l’intervention, hier soir, des Banques Centrales a eu l’effet inverse sur les marchés. Et qu'il est impossible de voir à 2 heures ce qui va se passer.

[…] Pour cette raison, il nous paraît donc important, en ces temps très délicats, de procéder urgemment à la mise en liquidités des positions résiduelles des portefeuilles, positions investies et positions couvertes.
Une fois encore, les performances ne sont pas catastrophiques, loin de là, parce que nous avions eu la chance d’anticiper. Il nous restera simplement à trouver les points d’entrée, et à rebâtir les portefeuilles.

[…] »