Après la chute, voilà le gros yoyo, auquel même la FED contribue ! Hier mardi, les marchés poursuivaient une tentative de remontée. Quand, patatras, la FED baisse ses taux, et dans ce contexte nous venons de vivre une situation parfaitement inédite : pas un mouvement sur l’EUR contre USD (il faut dire que le USD avait déjà baissé de 1,08 à 1,12 sur la semaine, sans aucune manipulation de devise), et une baisse de 3% environ des indices en clôture… un swing de plus de 1300 point en séance pour le Dow Jones. Grosso modo, même si pour une fois Donald pouvait être content de son Jerome, la FED vient de griller une énorme cartouche (nous avons apprécié le titre, ce matin, sur Zonebourse : « Powell coule une bielle », https://www.zonebourse.com/actualite-bourse/Powell-coule-une-bielle---30105546/?countview=0). On se consolera en se disant que les Banques Centrales montrent qu’elle sont présentes, et qu’elles font tout pour ne pas ajouter une énième crise financière à une crise sanitaire.
 
 
Il y a bien 2 choses à distinguer : la propagation et le danger de l’épidémie en elle-même, et le risque économique de l’autre :
 
Nous persistons à penser qu'on ne se rend pas encore compte aujourd'hui des effets à court / moyen terme de cette épidémie, notamment en terme de dérèglement mondial des productions, du commerce, etc... C’est ce qui rendra les marchés volatils dans les jours qui viennent, mais aussi sur tout 2020, avec les annonces qui découleront de cette crise.
Même si un pallier semblait avoir été atteint en fin de semaine dernière, la propagation s'accélère de nouveau (
FigEco, 2 mars). On ne parle plus depuis longtemps du redémarrage. On susurrait encore il y a quelques jours une entrée en récession, on redoute très fortement aujourd'hui un emballement à la baisse. Sur les marchés financiers aussi d'ailleurs.
 
Tous les secteurs sont touchés, et le ralentissement de l'activité est extrêmement brutal : on commence par les annulations de salons, de déplacement, de regroupement de plus de x personnes, de suppressions de voyages et voyages d'affaires, etc... Au moins, c’est l’occasion d’expérimenter beaucoup de nouvelles manières de travailler, et d’accélérer la numérisation de l’économie, etc…
 
 
Les 3 choses qui peuvent ou vont tempérer :
- Intervention des Etats / banques centrales, avec de "l'helicopter money". De manière exceptionnelle, on a d'ailleurs eu droit vendredi dernier à un communiqué de la FED et de Jerome Powell, sous pression pour réagir et faire baisser les taux (oups nous avions préparé ça dès lundi !)
- que vite, vite, un vaccin soit trouvé
- Et que, en définitive, le printemps va arriver, le Coronavirus disparaître, et laisser place à un rebond spectaculaire de l'activité... et des marchés financiers.
 
 
Parce que, en la matière, le pire n’est jamais sûr. Pour un suivi en temps réel des contagions, morts, et guérisons, voir Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE sur 
https://gisanddata.maps.arcgis.com/apps/opsdashboard/index.html#/bda7594740fd40299423467b48e9ecf6 !
 
Quand on regarde les statistiques sur le site, on constate que 1. La situation ne progresse plus en Chine, 2. Le nombre de morts hors Chine n’atteint pas 200 personnes, on est loin de la grippe espagnole et de ses 50 millions de morts. Enfin, pour le moment… Et ce n’est pas l’annonce de la mort d’une 4
ème personne en France, par les médias, à grand renfort de « headlines » et autres « urgent », qui va faire empirer les choses. On apprend que cette personne avait 92 ans… Ces annonces sont au mieux indécentes, au pire une incitation irresponsable à la panique.
Le ton est d’ailleurs en train de changer ce matin, où beaucoup appellent à la retenue, au recul, et à la modération. Même l'Etat français, sur certains sujets, est en train de faire jouer le principe de réalité contre le principe de précaution. C'est dire.
L’OMS pointe le fait que la maladie ne fait que 3,4% de décès parmi les personnes touchées, contre 1% pour la grippe, et que les cas continuent de reculer en Chine.
Et d’ailleurs les futures US se sont repris cette nuit, après la clôture hier soir de Wall Street, et sont actuellement en hausse.
 
 
Il nous reste juste à trouver les points de rentrée sur les marchés !
 
« Et pendant ce temps-là » : il faudrait aussi que l’on parle de ce qui se passe ailleurs : Idlib et l’affrontement Turquie-Russie, un 49.3 en catimini un samedi en fin d’après-midi, les rodomontades des brexiteurs, la menace d’ouverture des frontières gréco-turques par les turcs, etc…

Indices performances pour points marchés