Vous connaissez notre circonspection sur les décisions et attitudes de l’autre côté de l’atlantique, mais nous allons utiliser une phraséologie qui leur est chère : aussi nous proposons-vous aujourd’hui une grille de lecture des marchés et de l’économie en mode « Faits Alternatifs », avec deux pistes de réflexion :

- Somme toute, avec un peu de lucidité et / ou de cynisme : Nous constatons que tous les Etats, Allemagne compris, se sont lancés à corps perdu dans des financements sans limite de leurs économies, et qu’il convient de recourir et flécher massivement l’endettement public vers le privé. Peu importe l'endettement public, on verra plus tard, et vu que les institutions, banques centrales en têtes, continuent à lancer des ballons d’essais sur de possibles annulations de dette d’états, c’est « open bar ». Et même si c’est à terme ultra-inflationniste, les banques centrales continuent d’agir, et garantissent, d’une certaine manière, un accès illimité à la liquidité.
En attendant, ça arrange certains pays de s’affranchir des 3% de déficit sur PIB ! En France, l’assurance-chômage est passée d’un déficit de 900 million en février (2,3 milliards en année pleine en 2019) à… 27,2 milliards en cette fin de mois d’août !

- A regarder dans le rétroviseur, on a en fait effectué un « reset » de l’économie, 15% en-dessous ou au-dessus : les marchés européens sont à -15%, les PIB à -15%, les endettements sur PIB à +15%, etc… Probablement que, en moyenne, les résultats 2020 des entreprises seront à -15%, que les dividendes seront coupés de 15%. Mais à y regarder de plus près, la rente de ces dividendes va rester la même pour les 15 ans à venir, c’est juste la perception qui change. Et on constate d’ailleurs que les PER de certains marchés, Europe et DJ, ne sont pas si chers que ça. Ces PER doivent d’ailleurs, dans ces moments de volatilité, nous servir de guide pour investir : on arrête d’investir en « gamma négatif » (cf notre note de la semaine dernière : on achète quand ça monte et on vend dans la baisse), car il est impossible, dans de marchés comme ceux-là, de suivre des tendances, tant l’incertitude (et son corolaire la volatilité) est important. Mieux vaut profiter de forts replis occasionnels pour renforcer, et alléger dans la hausse.
C’est d’ailleurs ce que peut suggérer un entrefilet dans les Echos de ce jour, sur le PER de Shiller (en PJ), ainsi qu’un autre article sur la cherté -ou non- supposée des actions à ce jour.

Convenons qu’en cette rentrée particulière, les sujets de préoccupation restent néanmoins nombreux et qu’il convient de rester prudent : l’élection américaine, qui apporte son lot de volatilité, regain de tension en Méditerranée orientale (au moins ça nous permet de vendre des rafales...), les rapports tendus Chine - Etats-Unis, la Turquie, l’OMS qui annonce octobre et novembre comme très meurtriers à cause de la Covid, multiplication des plans sociaux dans le monde. Ne manque plus qu’un petit vaccin pour calmer tout ça, et on sera tranquille. Mais on a déjà la réponse : Trump devrait l’annoncer le 1er novembre au soir !

Les marchés n’ont que peu varié ces 7 derniers jours, entre -1 et +1% en condensé, mais avec des variations quotidiennes assez importantes sur les Nasdaq et S&P. L’or continue de remonter jour après jour, et se rapproche de nouveau de la barre des 2000 USD l’once.
Pas de changement majeur de notre politique d’investissement, donc, surtout dans cette période pré-élection américaine.

Références :