Jusqu’à ce lundi, avec un Dow Jones clôturant à +1,70%, nous ne comprenions plus rien. Nous avons même pensé vivre un moment inédit, un krach… haussier, avec une panique digne d’un krach, où tout le monde, particuliers compris, se met à acheter, parce que nous sommes à l’aube d’une nouvelle ère. Pensez-donc, des marchés au même niveau qu’il y a 3 mois, avec un PIB 20% en dessous, un endettement de 20% supérieur, un chômage qui a explosé, cela représente une opportunité exceptionnelle à ne pas manquer !!! Cela semble aujourd’hui se retourner un peu, boursièrement, et nous paraît de bon aloi.

Un Nasdaq supérieur de 8% par rapport à son niveau d'avant crise passait encore, pour des raisons qu’on pouvait imaginer sur des Amazon ou autres. Mais un S&P revenu quasiment au même niveau (ou à -6% à taux de change équivalent), cela pouvait laisser perplexe ou pantois.
Il est important, par rapport aux temps qui courent, de prendre beaucoup, beaucoup de recul. Personne ne comprend ces 30/35% de hausse par rapport au plus bas, et surtout par rapport à l’arrêt total pendant 2 / 3 mois de l’économie mondiale ; ou bien nous allons les justifier par « nous sommes dans un autre paradigme », « les banques centrales sont là », mais, même s’il est vrai, selon la formule consacrée, qu’ « on ne pisse pas contre le vent » et qu’on ne parie pas contre les banques centrales », il y a un moment où il faut revenir à la raison.
Nous avons eu l’occasion de rencontrer, ces derniers temps, des industriels, en province, qui sont tous, ni plus ni moins, effarés par la situation, mais surtout très inquiets de la tournure des événements : ce sont tous de très jolies PME, qui ont mangé en 3 mois leur EBITDA annuel, et commencent à mettre des gens au chômage technique, faute de débouchés, mais surtout de solvabilité des débouchés.

On a suffisamment parlé de « c’est quand la mer se retire qu’on voie les gens qui se baignent nus », et nous sommes très exactement dans ce cas ou les PGE ont été mis en place (il faudra bien les rembourser), et que l’Etat va se retirer des prises en charge de chômage partiel ou technique, pour laisser les entreprises se débrouiller seules et voler de leurs propres ailes.

Nous étions revenus parcimonieusement sur les marchés, parce que, quoi qu’il arrive, nous ne pouvions pas être déconnectés du mouvement. Mais nous continuons à inciter particulièrement à une grande prudence. Les conséquences de ce que nous venons de vivre ne sont pas forcément immédiates, mais elles auront lieu, ça c’est sûr.
D’ailleurs, quelques sujets et articles sont là pour nous le rappeler. Nous ne disons pas de « shorter le marché », mais simplement, de manière pragmatique, que nous arrivons fin juin et qu’il est temps d’alléger les positions pour partir sereinement en congés, si mérités après 3 mois de confinement !


Dans la presse, nous avons relevé :
- Dans les bureaux, la chasse aux mètres carrés inutilisés est lancée :
https://www.lesechos.fr/industrie-services/immobilier-btp/0603336838580-dans-les-bureaux-la-chasse-aux-metres-carres-inutilises-est-lancee-2349744.php#xtor=CS1-3046. Ça promet pour l’immobilier commercial…
- La capitalisation d’Apple a dépassé la somme des 8 premières capitalisations européennes. On parle de Nestlé, LVMH, l’Oréal, Royal Dutch, etc… Incroyable !
  • L’automobile française pourrait mettre 10 ans à digérer la crise

Références :

Indices Performances points marchés
Allemagne
PIB Japon
Les Echos - France
Les Echos - Automobile francaise