Pour le coup, on y est… Et on se rend compte que ça ne va pas durer que 2 semaines. L’incertitude monte encore d’un cran ce matin, avec, en Une des Echos, un entrefilet où « [il s’agit d’] une crise dont l’ampleur sera comparable à celle de 1929, selon Bercy et son Ministre ». Déjà un article était sorti sur le sujet, https://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/coronavirus-les-scenarios-noirs-dune-profonde-recession-1187384.
 
 
Parce ce que, à notre sens, c’est bien là où se situe le sujet de fond, sans céder au pessimisme ; mais, comme nous l’avons dit, ce sont tous les secteurs qui sont touchés, et on découvre des effets de bord complémentaires jour après jour : quelques exemples relevés ces derniers jours :
. les JO reportés d’un an, pas de reprise des ligues de football avant le 15 juin (voir
l’article du Figaro : le calendrier sportif, source d’un potentiel désastre financier ») ;
. les agences immobilières ont stoppé toute activité de vente / visites / etc, de toute façon les notaires, encore en service public cette semaine, ne vont pas tarder à arrêter et n'ont plus les moyen de leur mission (cf Les Echos du 23 mars) ;
. les compagnies aériennes ne remboursant plus les billets aux voyagistes ;
. etc…
 
Les gouvernements ne s’y sont pas trompés, qui sont en train de sortir l’artillerie lourde, pour éviter la dislocation de l’économie ; les 2 000 milliards aux Etats-Unis représentent d’un seul coup une hausse de 10% de leur endettement, déjà colossal (23 000 milliards de USD, voir le compteur en live sur 
https://www.compteur.net/compteur-dette-usa/).
 
Alors, nous direz-vous, les marchés repartent.
Oui, de +10/12% hier, et une ouverture à +5% en Europe ce matin, mais -2% au moment où nous écrivons ;
Oui, les fins de mouvements sont erratiques et volatiles ;
Oui, +10% hier et 5% ce matin font à peu près +15%, mais quand on repart de -35%, c’est-à-dire de 65%, cela ne nous remet jamais qu’autour de 75% du niveau initial.
Mais 2 éléments doivent nous inciter à la prudence avant de penser que tout va recommencer :
-       Tant qu’on n’aura pas vu le pic en France et en Europe, on ne sait pas combien de temps on devra rester enfermés. D’ailleurs, on parle depuis hier de 6 semaines de confinement ;
-       Mais surtout, les Etats-Unis commencent à peine leur entrée dans la crise sanitaire, et ce sera une autre histoire quand le confinement sera généralisé et obligatoire.
 
Un graphique retient notre attention, et doit nous inciter à la plus grande prudence. Nous ne disons pas que l’histoire va se répéter, nous disons simplement de prendre les précautions qui s’imposent, sur tous les sujets mais aussi en matière de placements financiers.
Ce
graphique reprend la période 1929 -1932, et met en avant 3 phases : en octobre et novembre 1929, le Dow Jones est passé de 370 à 240, soit -35%. Et derrière, novembre et décembre, nous avons vu une « fulgurante » remontée, de 240 à 300 points, soit +20%. Et de janvier 1930 à avril 1932, on est passés de 300 à 50 points, soit 83% de baisse, ou 87% par rapport au plus haut. Pour la petite histoire, les 370 points, soit le plus haut atteint en 1929, ne seront revus qu’en… 1946 !
 
 
Les données de la semaine passées sont « étonnantes » aussi, parce qu’elle ne sont parfois pas forcément « logiques » :
 
-       Une baisse très importante de l’or, de 1680 à 1450 ; il s‘agissait probablement pour les détenteurs de se séparer des placements les plus liquides pour faire face à des appels de marge. Et depuis 2 jours, c’est vrai, c’est reparti dans le « bon » sens de valeur-refuge, on est repassé de 1450 à 1620 USD l’once ; et nous avons relevé ce matin dans l’Essentiel (
www.lessentiel.lu, notre « Parisien » local !), l’article suivant : « L'ampleur du coronavirus et ses effets dévastateurs sur l'économie sont telles que les enseignes spécialisées dans la vente physique du métal précieux croulent sous les commandes. »
http://www.lessentiel.lu/fr/economie/story/13184713
 
-       Une remontée des taux obligataires gouvernementaux à 10 ans. L’avalanche d’émissions annoncées ne ferait-elle pas tiquer le marché ? Dans un contexte où 
https://www.boursorama.com/bourse/actualites/moody-s-adopte-une-perspective-negative-sur-les-notes-souveraines-mondiales-6f1fb26c27001c71a2a7ad7aa2462b9b ; et aussi en phase de très fort écartement des spreads de crédit, couplé avec des retraits massifs et historiques des fonds obligataires (109 milliards en une semaine), disparition de la liquidité, incapacité du marché à fixer des prix pour les actifs plus complexes ; Les prémices d’un prochain stress obligataire ?
 
-       Le CHF ne poursuit pas sa hausse en tant que valeur-refuge, toujours cantonnée autour de 1,0580 contre EUR ; à l’inverse, le USD retrouve son statut de devise universelle de paiement. On a vu 1,0640 contre EUR cette semaine.
 
 
D’un point de vue gestion, nous privilégions donc le cash pour le moment, éventuellement en reprenant des positions sur l’or. Il n’est pas temps de revenir sur les marchés ; acheter et prendre un risque de perdre immédiatement 10% ; ou bien remettre 3% sur une valeur qui va rebondir de 20%, soit gagner 0,60% sur l’ensemble du patrimoine ?
Toutefois, le cash n’a pas vocation à être éternellement conservé, bien entendu ; il l’est parce qu’en ce moment, « cash is king ». Mais, comme nous le mentionnait l’un d’entre vous cette semaine, nous pouvons penser que l’helicopter money actuel porte en lui les germes d’une inflation massive. Qui aura le mérite de faire diminuer les stocks de dette, certes, mais avec beaucoup d’effets collatéraux que nous aurons l’occasion de réaborder.
 
Nous en profitons aussi pour avancer sur les dossiers en cours de prospection et constitution, pour être prêts quand nous penserons avoir atteint les points bas.

Indices Performances points marchés

Les Echos - récession

Les Echos - Vertigo

Les Echos - Géants du pétrole