Les premiers chiffres macro-économiques commencent à sortir, on nous annonce -6% de PIB en France pour le premier trimestre, historique depuis 1945, avec un pic à -17% sur la dernière quinzaine de mars. L’Allemagne est en train de prévoir un -10% pour le 2ème trimestre 2020. Mais ce ne sont que des estimations, et les marchés sont dans le flou le plus complet ; cela rend toute analyse financière impossible à effectuer pour les entreprises, et donc tout niveau de valorisation très aléatoire. Pas facile, donc, d'anticiper les mouvements de marché à venir.
 
Les Etats-Unis sont en train de prendre le relais de la pandémie, et sont frappés de plein fouet. Pas de déclaration de confinement général, bien que cela s’y apparente. Mais cela reste un désastre sanitaire, ainsi qu’économique & social, avec ses dizaines de millions de chômeurs annoncés. Si vous avez le temps, écoutez cette chronique de Nicole Buchanan, politologue franco-américaine, sur le site de Vatican News : 
https://www.vaticannews.va/fr/monde/news/2020-04/etats-unis-coronavirus-crise-economique-sociale-1929-bacharan.html
 
 
Commentaire sur les variations des marchés financiers, pour les 7 jours qui viennent de s’écouler :
-       D’une manière générale, la remontée est assez limitée sur la plupart des marchés actions
-       L’or revient (enfin) sur ses plus hauts, à 1650 USD l’once
-       Les devises fluctuent dans des ranges assez étroits ; l’EUR contre CHF semble être devenu une parité fixe, à 1,0560 ; Par contre, le USD est très volatil, fluctuant entre 1,0790 et 1,1050, sans qu’on en comprenne la raison ; bien souvent, des situations de marché ou des déclarations entraînent des mouvements inverses sur le USD… ; la livre sterling, enfin, s’est reprise après un plus bas historique (datant de 1985) de 1,15 contre USD, 
-       Pour le pétrole, les marchés ont été déçus par le report à demain de la réunion Arabie Séoudite – Russie. Une chose est sûre : les stocks se sont reconstitués à vitesse grand V, et les capacités de stockage proprement dites sont aujourd’hui minimes (cf article des Echos de ce jour, « le monde ne sait plus où stocker le pétrole »). On attend donc la réunion de demain, mais ça peut être quitte ou double. Car même une baisse ne règlera pas le sujet des capacités de stockage, ni de la remontée de la consommation ; on ne force pas à boire un âne qui n’a pas soif.
 
 
Nous pensons que nous allons rentrer dans une deuxième étape boursière : la chute violente suivie d'une reprise technique, puis cette deuxième page à écrire : normalisation ou deuxième lame de fond ? Les premiers résultats d’entreprises pour le premier trimestre sont attendus dès la semaine prochaine, mais il n’est pas dit que ce soit complètement catastrophique. Le pire n’étant jamais sûr, les entreprises, combien même elles sont violemment touchées, pourront surseoir au traditionnel « passage des comptes à la paille de fer ». Déjà parce que, comme écrit ci-dessus, la crise n’est pas finie, mais aussi parce qu’on est dans l’inédit. Peut-être, alors, que les entreprises adopteront un message mitigé, qui, in fine, pourraient plaire au marchés.
 
Mais en terme de gestion, nous nous abstenons de prendre position pour le moment, dans des marchés qui fonctionnent en portes de saloon, avec des mouvements erratiques, énormément de volatilité, et une nervosité très palpable. Comme nous l’avons déjà évoqué, nous pensons qu’il va y avoir des opportunités, nous travaillons à essayer de les identifier, mais nous pensons qu’il est bien trop tôt pour rentrer sur les marchés, combien même, dans l’absolu, nous serions dans le bas du range.
 

Références :

Indices performances points marchés

Les Echos - Lufthansa
Les Echos - Mesure de la crise
Les Echos - Pétrole
Equance - SCPI