Hier matin nous nous posions la question de ce que nous allions vous raconter de nouveau et qui change de l’habitude, mais pour le coup vous n’allez pas être déçus du voyage ! Tout a commencé hier, mardi, par un nouveau « whatever it takes » de la part de Mario Draghi concernant un niveau d’inflation à obtenir ; "de nouvelles baisses des taux d'intérêt et des mesures pour compenser leurs éventuels effets secondaires » pourront être mises en place.
Effet immédiat sur les marchés, avec un hausse de 1% immédiat des marchés européens, puis autour de 2% en clôture, suivis par les marchés américains. Vous en constaterez l’effet dans notre tableau fétiche hebdomadaire. Même si les hausses importantes d’hier n’ont fait que rattraper un marché légèrement négatif sur la semaine.
Parallèlement, sur cette baisse potentielle des taux européens, l’EUR a perdu quelque 0,60% immédiatement, s'ajoutant à la glissade des jours précédents. On est ce matin juste sous les 1,1200
Et bien entendu, les taux long terme se sont littéralement écroulés : la 10 ans US frôlant les 2%, la 10 ans allemande à -0,325% (!), l’OAT 10 ans français à... -0,002%.


Depuis cette annonce d'hier, les tweets sont repartis de plus belle, pour compenser la déclaration de la BCE : tout d’abord « une bordée de noms d’oiseaux » sur l’utilisation de l’arme des taux de changera les européens (« l’Europe affaiblit sciemment sa devise »), puis un come-back des relations commerciales avec la Chine (« une top discussion avec Monsieur XI », etc…).

Nous avons relevé ce matin la note quotidienne d’Oddo, « The markets are back on drugs », et c’est un peu l’impression que ça donne, car la plupart des articles de presse mentionnent des statistiques (encore) mauvaises : baisse importante de l’indice du sentiment économique allemand, le ZEW, baisse de l’indice manufacturier de la région de NY, des niveaux record de la dette italienne, etc…
Cependant, il y a une chose qui est absolument certaine, c’est que le message est clair de la part de la BCE. On peut aussi être sûr que la FED ne va pas se laisser faire : dans ce contexte, on ne joue pas contre les Banques centrales. Avec cet arsenal de mesures non-conventionnelles sans limites, les taux sont tombés à leur plus bas historique (voir ci-dessus).
De quoi justifier les voix qui annoncent « restez investis », dans le contexte de cette annonce, qui est une « excellente mauvaise nouvelle » ! Parce que, tout de même, même s’il peut s’agir d’un puissant stimuli de la BCE, des taux qui baissent sont aussi le reflet des préoccupations des investisseurs devant une conjoncture qui se dégrade bien plus vite qu’anticipé. Un indice : l’or à 1346 USD, encore en hausse de 1% sur une semaine.


On dit aussi que la Chine a réduit ces achats de dette US. Nous vous en avions parlé il y a quelques semaines. C’est de nouveau le cas qui transparaît dans une analyse statistique très récente du Trésor américain, avec une baisse de 70 milliards de USD. A ce niveau, c’est « l’épaisseur du trait », mais ça fait 2 fois en peu de temps, et c’est le plus bas niveau de dette US détenue par la Chine depuis plus de 2 ans.


Dans la presse cette semaine :
- Etonnement, le forum de Sintra, dans lequel intervenait hier Mario Draghi, n’est quasiment pas relayé ce matin ;
- Nous vous joignons 3 articles sur le rôle des banques centrales en ce moment ;
- Et une
photo de MM. Macron et Trump. La légende affichée est une chose, mais on pourrait lancer un concours de bulles pour savoir ce qu’ils sont tellement en train de se raconter… ou de penser !

Indices performance pour points marchés

Les Echos . Bourse

Les Echos - Les gérants

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