Pas mal de petites choses ce matin. Depuis quelques jours, on arrive en fin de confinement, on attend les instructions.
 
. Pour nous, les luxembourgeois, un discours optimiste de notre Premier Ministre, ses remerciements à sa population pour avoir joué le jeu. On va pouvoir repartir, les restos aussi 
a priori au tout début du mois de juin !
 
. Pour nous, les français, c’est une autre histoire. Tout sujet est l’occasion de se tirer une balle dans le pied. Quelques exemples ? Le duel à distance, hier, entre un discours volontariste de Macron et un discours de prudence de Philippe ; la poursuite de discours du « en même temps » (
on déconfine, mais en même temps rien ne dit qu’on aura nos vacances d’été) ; la réouverture des classes avec ceux qui sont pour / ceux qui sont contre / les maires qui s’en mêlent pour leur responsabilité pénale ; le scénario de déconfinement voté par l’Assemble Nationale mais retoqué initialement par le Sénat.
Même les syndicats s’y sont mis pour jouer contre la France. Souvenez-vous l’époque ou le parti communiste avait été surnommé « le parti de l’étranger », ainsi que la CGT, aux ordres de Moscou. J’ai lu un article intéressant, sur le fait qu’aujourd’hui, ces syndicats maintiennent des postures dogmatiques, plus que basées sur la réelle défense des salariés ; c’est le même sujet, sauf que « le parti de l’étranger » a contraint judiciairement Amazon maintient ses entrepôts fermés en France ; du coup, les Français sont ravitaillés à partir des autres pays européens ! Comment voulez-vous qu’on s’en sorte… ! La réalité est probablement entre les 2, entre des syndicats arque-boutés et Amazon qui ne veut pas jouer le jeu.
 
. Pour nous, les européens, c’est aussi le constat d’une impossibilité de se mettre d’accord, de la résurgence de l’idée de 2 Europes, du Nord et du Sud, et de la cour constitutionnelle allemande qui exige une documentation exhaustive sous 3 mois pour valider le plan de la BCE de rachat de dettes nationales.
 
. Pour eux, les Etats-Unis, le pas a été franchi ce matin par Donald Trump, pour faire repartir l’économie, avec en appui des tas de statistiques, et « faits alternatifs », comme il les appelle, dont une très abrupte : « l’enjeu de l’économie par terre ne vaut pas le ratio de 450 chômeurs complémentaires par décès constaté »…
 
 
Ces constatations mises à part, on naviguait ces derniers jours entre 2 eaux, sur l’optimisme naissant d’un déconfinement, mais, en même temps, avec le risque d’un reconfinement lié à une seconde vague du virus. Ou alors une idée que tout allait repartir comme avant, en attendant la douche froide des statistiques à venir, qui ont d’ailleurs commencé :
-       Pour avril, vente de 4 000 voitures neuves en Grande-Bretagne, soit… -97% par rapport à avril 2019 !
-       En France, c’est -89% sur le même sujet. D’aucuns pourront rétorquer qu’en Asie les ventes de voitures explosent depuis le déconfinement, parce que les personnes ne veulent pas prendre les transports en communs. Mais on peut aussi penser que la mentalité européenne est différente, et que le principe d’épargne prévaudra. En tout état de cause, il faudra des années pour retrouver les mêmes niveaux
-       Ce matin, les commandes à l’industrie en Allemagne sont sorties à -15,6% en mars
-       Pour la France, la chute de 5,8% du PIB est la plus importante jamais relevée depuis la création de cette statistique en 1949 – Voir graphe joint
-       A l’instant, la Commission européenne prévoir une récession de 7,7% en 2020 en zone euro.
 
Et, pour vous faire sourire, les jeux de mots des titres de nos journaux favoris : « les sidérurgistes craignent d’être laminés », « le coronavirus a débranché 10 000 DJ de leurs platines », « les salles de sport en manque d’oxygène », etc…
 
 
Concernant les marchés, c’est aussi une semaine de transition, très volatile. Des séances à -4% ont succédé à des séances à +4%. L’indice de volatilité, le VIX, est d’ailleurs toujours très élevé, entre 35 et 40. Il a tendance à baisser, mais on reste encore loin de son étiage autour de 10 / 15.
Tant et si bien que sur 7 jours, les marchés sont relativement négatifs, entre -1 et -2% (voir fichier des performances, en pièce jointe). Sauf le Nasdaq, évidemment, qui gagne 3%.
Depuis le début de l’année, les marchés européens restent en retrait de 20 à 25%, tandis que le Dow Jones perd 16%. Le Nasdaq 100 est en hausse de 2,3%.
 
 
Par les espoirs de levée rapide du confinement, le pétrole a repris du poil de la bête, et a doublé depuis mercredi dernier, passant de 13 à 26 USD pour le WTI. Mais par essence et par nature, le pétrole est volatile, et promet de varier encore dans un sens ou dans l’autre avec l’état des stocks hebdomadaires aux Etats-Unis, qui est publié cet après-midi.
Pour les valeurs pétrolières, c’est une autre histoire. Exxon a annoncé sa première perte trimestrielle depuis…1988. Et les compagnies sont toutes en train de se poser la question du maintien en l’état de leur politique de dividendes. Voir les articles en pièce jointes. Par contre, Total a confirmé ce matin son dividende.
 
L’or reste toujours autant recherché : les investisseurs, au travers des ETF, ont plus que largement compensé la baisse de la joaillerie ; et les banques centrales sont toujours aussi présentes, représentant 15% de l’encours d’achats annuels.
 
Sur le front des changes, enfin, l’euro contre USD varie toujours dans son range de 1,0780 – 1,10, mais de manière plus nerveuse, comme le passage de 1,10 à 1,0780 en quelques heures depuis lundi. Pas de signification pour le moment ; de toute façon, la paire est à la merci des annonces politiques et économiques.
 
 
Enfin, concernant la gestion, nous avons re-assessé, comme nous le faisons en permanence, notre politique de placements au vu des informations, parutions, et marchés des 7 jours écoulés : nous ne changeons pas d’avis pour le moment et gardons la même approche, pour mémoire :
 
Nous constatons aujourd’hui que même avec la remontée des marchés sur ces derniers jours, les performances des indices sont encore de -20 / -23% en Europe, et -15% pour le Dow Jones. Notre gestion a donc encore un peu d’alpha devant elle…
A l’évidence, au vu de ce qui nous attend macro-économiquement, les marchés ne pourront pas tenir ce rythme. Pensez que le Dow Jones, à sa clôture d’hier soir, est au même niveau qu’en juin… 2019, et le Nasdaq, peu ou prou, au niveau du 1er janvier !
Nous posons dès lors une question bête : « la situation économique d’aujourd’hui, incluant les perspectives d’avenir, est-elle identique au point que les marchés valent la même chose ? »
Les marchés peuvent certes encore monter un peu. Ou pas. Nous choisissons de garder le cap : il est trop tard pour réinvestir pour jouer ce rebond, qui va finir par s’essouffler et laisser place à une 2ème vague de baisse. Nous restons donc tactiquement à l’écart des marchés.

Références :

Indice performances points marchés
Graph Effet confinement sur activité
Les Echos - Compagnies pétrolières
Les Echos - PIB français
Les Echos - Royal Dutch
Les Echos - Or
Wall Street